Etampes

19 386 habitants (23 304 dans l’agglomération dont 3 158 à Morigny-Champigny). Les Etampois. Baignée par la Juine, la Louette, la Chalouette et leurs dérivés.

Historique 

La présence de l’homme préhistorique fut précaire dans la région d’Etampes. On a retrouvé des cendres de foyers magdaléniens dans les bois de Saint-Martin de la Roche, au-dessus d’Etrechy, ainsi que quelques burins, perçoirs, grattoirs, percuteurs, etc. Il s’agissait probablement de chasseurs nomades vivant sous des huttes. A l’époque gallo-romaine, il existait une agglomération relativement importante (Stampae), qui devait se trouver à peu près à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Martin. C’était le chef-lieu du pagus stanpensis situé sur l’importante voie romaine de Lutèce à Genabum (Orléans). Cette route devait devenir une des principales artères du royaume et un des itinéraires des pèlerinages de Saint-Jacques de Compostelle.

En 914, les Normands emmenés par Rollon mettent la ville à feu et à sang. Il faudra attendre le XIe siècle pour voir Etampes se développer réellement sous l’impulsion des rois Robert le Pieux et Louis VI. Le roi Robert, par exemple, fait construire le premier château autour duquel se bâtit la ville neuve qui voit s’ériger églises et chapelles, ainsi que la collégiale Notre-Dame. Les eaux de la Louette et de la Chalouette sont détournées au moyen de nombreux canaux et viennent arroser la nouvelle ville et les jardins royaux. Les premières industries s’installent sous forme de moulins à drap et à grains. Sur les coteaux, les cultures commencent. Très vite, Etampes se divise en deux villes distinctes. La nouvelle cité, Estampes-le-Châtel et l’ancienne, Estampes-les-Vieilles. Une troisième ville se développera autour de l’église SaintGilles et réunira bientôt, en s’étendant progressivement, les deux villes premières. Etampes prend alors la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Au XIIe siècle, plusieurs assemblées se tiennent à Etampes et contribuent à sa renommée. Les plus importantes furent sans nul doute le concile de 1130 où parut Saint Bernard et l’assemblée des Seigneurs en 1147, qui décida qu’en l’absence du roi, parti pour les croisades, l’abbé Suger prendrait la direction des affaires du royaume.

Au début de ce XIIe siècle, sous la fin du règne de Philippe 1er, on trouvait à Etampes, un hôpital (Saint-Jean), un prieuré (Saint-Pierre), deux collégiales (Saint-Martin et Notre-Dame), quatre églises ou chapelles (Saint-Basile, SaintAubin, Saint-Médard, Saint-Jacques), un marche royal chaque jeudi, et des foires régulières.

Jusqu’à l’avènement de Philippe Auguste, Etampes ne quitte pas le domaine de la couronne. Philippe Auguste l’appelle sa bonne ville, la meilleure du royaume. Etampes devient Comté en 1325 et passe entre les mains de Blanche de Castille. Elle ira ensuite entre celles de Charles d’Evreux, frère de Philippe le Bel. Durant ce XIVe siècle, Etampes est entourée de remparts, percés de huit portes : la porte Saint-Martin, la porte Dorée sur l’ancienne route de Dourdan, la porte de Châtel ou SaintJacques, la porte Evrard ou Evezard, la porte Saint-Pierre ou des Pluviers (ancien nom de Pithiviers), les portes Saint-Fiacre et Saint-Gilles.

Pendant la Guerre de Cent Ans, les remparts furent en partie démolis tandis qu’en 1411, la ville est assiégée par Jean-sans-Peur avant de tomber le 15 décembre. Le Comté passe alors aux mains des Ducs de Bourgogne.

En 1478, un arrêt du Parlement déclare sans fondement les prétentions féodales sur Etampes et, protégée par les rois de France, La connaît alors une prospérité nouvelle.

Le 23 juin 1525, François ler, amoureux d’Anne de Pisseleu, donne au mari d’icelle, Jean de Brosse, selon la coutume admise à cette époque, toutes les ressources du Comté d’Etampes, y compris les revenus du grenier à sel. Mais pour honorer sa maîtresse, le roi transforme le Comté en Duché, auquel il incorpore les châtellenies de Dourdan et de la FerteAleps (la Ferté-Alais).

Va le temps, passent les rois et les favorites. Diane de Poitiers en 1553, et Gabrielle d’Estrée en 1598, deviennent tour à tour duchesse d’Etampes. Cette dernière cède son domaine à son fils César de Vendôme, fils naturel du roi Henri IV. Il restera dans la famille d’Estrée pendant plus d’un siècle, tout en demeurant plus un usufruit qu’un duché réel. Les nobles propriétaires du titre en touchaient certes les abondants revenus, mais le roi en conservait jalousement toutes les attributions politiques.

Durant la fin du XVe siècle, Etampes ne connaît quasiment que la guerre. Création d’une milice en 1549, ravages des troupes allemandes en 1562, assaut par les Anglais en 1567, destruction du château et des fortifications par Henri IV en 1589.

Les malheurs d’Etampes ne faisaient que commencer. En 1652, sous la Fronde, Turenne y assiège l’armée de Condé, en vain. Louis XIV, âgé de 14 ans, assiste aux combats et fait preuve d’un beau courage. Mais la ville en partie détruite sera bientôt la proie de la peste. Saint Vincent de Paul viendra y soigner les malades. La ville est cruellement touchée. La Fontaine, traversant Etampes en août 1663, écrira même qu’il trouve sa ville « misérable et très délabrée ». Le XVIIIe siècle voit le séjour de Louis XV en 1745, et des troubles révolutionnaires, bien entendu, en mars 1792. Mais Etampes retrouve déjà un visage opulent. C’est une importante cité de transit commercial, un lieu de passage très fréquenté qui compte, au temps du roulage en ce XVIIIe siècle, plus de cinquante auberges aux noms rutilants, alors que le poste aux chevaux est tenu par les Duverger qui se succédèrent de père en fils.

Etampes, qui a vu naître Geoffroy de SaintHilaire, Jean-Etienne Guettard, Elias Robert le sculpteur et Louise Abbéna le peintre, souffrira encore beaucoup lors de la deuxième guerre mondiale, et notamment en juin 1945 sous les bombardements alliés qui détruisent en partie le centre ville et le coteau de Guinette faisant des centaines de victimes. Si Etampes a su panser les plaies de l’histoire et se développer encore jusqu’à nos jours, elle a conservé de son passé tumultueux mais prestigieux des traces superbes qui sont autant d’édifices à visiter. L’hôtel de ville d’abord qui fut installé dans un bâtiment appartenant à Jacques Doulcet, conseiller de François ler, puis restauré et agrandi en 1850, par un architecte du cru, Auguste Magne. Outre l’hôtel de ville, l’édifice abrite la bibliothèque municipale et le Musée municipal, fondé en 1875, et riche d’objets préhistoriques et d’auvres d’art du Moyen Age à nos jours.

Le syndicat d’initiative l’Hôtel Anne de Pisseleu. C’est une élégante ire dont la façade sud regarde l’hôtel de ville, mais dont la façade nord est la plus richement décorée. Elle fut construite pour la favorite de François 1er, événement chanté par Clément Marot dans un poème comparant Etampes à Tempé en Thessalie (Grèce) connue pour sa douceur de vivre. Une autre favorite fut honorée par son roi. Henri II fit en effet construire une demeure pour Diane de Poitiers, en 1554. Dans le couloir qui mène à la cour, on trouve d’ailleurs les lettres D et H entrelacées. On comprend l’amour du roi en écoutant Brantôme nous dire de Diane de Poitiers : « Si belle, que je ne sache ceur de rocher qui ne s’en fût ému ». L’un des plus vieux monuments d’Etampes, c’est la Tour de Guinette. Sans doute construite entre 1130 et 1150, elle est le seul vestige de l’ancien château royal. Ce majestueux donjon, remarqué par Victor Hugo, a dû traverser mille epreuves au cours du temps, mais elle tient touJours fièrement debout, bien qu’en ruines. Deux des quatre églises d’Etampes furent bâties au début du XIe siècle. Ce sont l’église Saint-Basile et l’église Notre-Dame-du-Fort. Etampes les doit à Robert le Pieux. Saint-Basile devait servir de chapelle paroissiale à l’église Notre-Dame où le roi établit un collège de chanoines. Les parties les plus anciennes de SaintBasile ne datent en fait que du XIIe siècle. L’église fut notamment détruite en partie durant la Guerre de Cent Ans et sa plus grande restauration eut lieu après la Révolution grâce à l’abnégation de l’abbé Alexis-Louis Buffet. Notre-Dame n’a plus non plus son aspect d’origine. Elle fut fortifiée au XIIIe siècle et sa cloche lui fut apportée au XIVe. On admirera particulièrement son orgue datant du dernier quart du XVIe siècle et qui garde plusieurs jeux d’origine et d’autres du XVIIIe. Cela en fait un des plus vieux instruments de France. L’église Saint-Gilles et l’église Saint-Martin remontent, elle, au XIIe siècle. On remarquera notamment dans l’église Saint-Gilles, la magnifique voûte en berceau de la nef peinte à la fin du XVIe siècle. La particularité de SaintMartin, c’est l’inclinaison de sa tour due au sous-sol instable, seulement corrigée à partir du troisième niveau donnant une silhouette légèrement cambrée au clocher. Cette curiosita lui a bien entendu value le surnom de « Tour penchée » Dans ce cadre historique prestigieux, les Etam. pois sont jaloux de leur art de vivre. Ils pen. vent aussi se détendre sur la Base Régionale de plein air et de loisirs. Ils se retrouvent lors des fêtes annuelles. La fête Saint-Michel, qui débute tous les quatrièmes week-end de septem. bre, la Foire régionale, le premier dimanche de juin, le Salon de peinture de la société artisti. que d’Etampes, à l’époque de la Saint-Michel, et le festival de musique ancienne.

Tout cela fait d’Etampes une ville jeune et dynamique. On trouve à Etampes de nombreux établissements scolaires, de nombreux équipements sportifs et socio-culturels. La bibliothèque est fréquentée par plus de 2 500 jeunes, l’école de musique est très réputée.

Au coeur d’un noud routier la reliant à toute la France, desservie par une grande gare, Etampes c’est aussi un savoir-faire traditionnel. Ses vieilles roues de moulins utilisant les ressources en eau des rivières qui arrosent la ville en attestent et rappellent le passé industrieux fort de peausseries notamment. Les anciens lavoirs conservés et restaurés sont aussi des traces de ce passé. On ne saurait non plus oublier que la patrouille d’Etampes basée sur l’aérodrome de Mondésir est devenue la patrouille de France. Bref, avec de surcroît une zone industrielle en plein essor, un hôpital neuf en construction, la rénovation du centre ville qui va commencer, Etampes est confiante en son avenir.