Massy

40 438 habitants. Les Massicois. 943 ha. Altitude minimale, 56 m, maximale, 101 m. A 12 km au Sud de Paris.

Historique 

De tous temps, Massy a attiré les hommes. Elle est géographiquement idéalement située. Une grande et belle forêt s’incline en pente douce vers la Bièvre, et l’enjambe pour remonter sur le coteau de Verrières. La glaise, par endroits, ne permet que la présence d’herbes et d’arbustes. Aussi, la forêt comporte-t-elle de belles clairières tandis que de nombreux petits cours d’eau serpentent vers la Bièvre. Protégé par les arbres, c’est un paradis pour pêcheurs et chasseurs. Les origines les plus sûres nous ramènent à l’époque gallo-romaine. C’est sans doute sur le Mont-Gaudon, à l’emplacement actuel de la Maison Guyot, de l ancien cimetière et du Clos d’Origny, que s’implanta la « Villa » primitive autour de laquelle, à l’instar de la plupart de nos villages de France, s’est construit Massy au fil des âges. Le nom même de Massy laisse encore les historiens et les éthymologistes perplexes. Plusieurs thèses sont avancées sans qu’on ait tranché définitivement. La plus vraisemblable reste celle qui rappelle que dans de nombreux ouvrages, Massy est appelée Masiacus ou Maciacus. Ce type de nom proviendrait d’un certain Matheus, Matius ou Mathieu, Romain ou Gaulois au nom latinisé, et qui était probablement le proprétaire de la « Villa » de Massy. Tout près de cette villa fut érigée la première église. Elle était dédiée à saint Germain.

Il faut attendre le XIIIe siècle pour voir construire une nouvelle église. De ce deuxième édifice il ne reste aujourd’hui que le clocher et une partie de la nef Nord avec les chapiteaux. Aux plus belles heures de la féodalité, la « Voie-Fondue », aujourd’hui rue AndréChénier, fut le premier accès permettant aux colons et aux serfs de ramener vendanges et récoltes. Comme un peut partout en France, la Guerre de Cent Ans fit moult ravages à Massy. Et d’autant plus que les troupes d’Edouard III d’Angleterre, obligées de lever le siège de Paris, se replièrent vers la Beauce en passant par Massy. Le XVe siècle voit un déplacement du lieu d’habitation des seigneurs de Massy. Ils quittent le Mont-Gaudon pour s’installer, tout près de l’église, dans un château de style renaissance. Après la Guerre de Cent Ans, ce sont les guerres de religion qui laissent Massy exsangue. Et particulièrement ses paysans, durement éprouvés, qui n’en continuèrent pas moins pour autant de mener, la paix revenue, une vie bien rude. Au XVIIe siècle, nouvelle migration des seigneurs de Massy. Devenus par alliance marquis de Longjumeau et de Chilly, les barons de Massy quittent en effet leur résidence de Massy pour le château de Chilly. Pour l’anecdote, le dernier baron de Massy sera le Prince Grimaldi de Monaco, Duc de Valentino.

Le XVIIIe siècle voit naître deux personnages qui vécurent à Massy et en font sa fierté. Il s’agit tout d’abord de Nicolas Appert (1749-1841), l’inventeur de la boîte conserve. Né à Châlons-sur-Marne, il commença en 1796 ses travaux qui allaient le rendre célèbre à Massy. Il commenca par utiliser des bocaux, mais préféra très vite l’usage des boîtes métalliques dont le couvercle était percé d’un trou pour permettre l’échappement de l’air et de la vapeur. Il les portait ensuite dans un bainmarie à une température de 100°, puis fermait le trou par un point de soudure. Il utilisa tout d’abord son procédé pour conserver de la viande pour ensuite l’appliquer aux fruits et légumes. Il mourut en 1841 à Massy, dans le plus complet dénuement. Honneur lui fut rendu bien plus tard lorsque fut apposée en 1951 une plaque commémorative à l’entrée de la maison Guyot qui lui avait appartenu tandis qu’une rue de Massy porte son nom.

Une autre gloire de Massy aura été le docteur Tenon (1724-1816). Grand chirurgien parisien, il acheta une propriété à Villaine, rue de Versailles. Célèbre pour ses travaux d’anatomie, le docteur Tenon s’est surtout fait connaître pour avoir mis en place une réorganisation des soins dans les hôpitaux. En son temps, les conditions d’hospitalisation étaient particulièrement déplorables et il n’était pas rare de trouver deux malades par lit et le plus souvent quatre pour un grand lit. Difficilement imaginable pour nos esprits d’homme du XXe siècle. Ne serait-ce que pour avoir été à l’origine de ce qu’est notre confort actuel, le docteur Tenon doit rester dans nos mémoires.

Ceci nous amène vers un XIXe siècle plutôt paisible pour Massy qui mène alors la vie relativement calme d’un bourg provincial. En 1852, le Prince Jérôme Bonaparte achète le domaine de Vilgénis. En 1883, Fustel-de-Coulanges, maître de l’Ecole Historique Contemporaine et fondateur de l’Histoire Scientifique, achète une maison rue de Paris (aujourd’hui Foyer de la Cimade, ancienne maison du docteur Bailliart). A la sortie de l’Ecole Normale Supérieure, Fustel-de-Coulanges avait été nommé à l’école d’Athènes, puis, après quelques années, à la Faculté de Strasbourg. C’est là qu’il termina son ouvrage universellement connu, « La Cité Antique ». Professeur à la Sorbonne, il devint en 1880 directeur de l’Ecole Normale Supérieure, avant de s’éteindre à Massy en 1889. Un an avant, en 1888, la vieille mairie fut détruite et remplacée par la propriété Aragon. En 1898, on releva la rue de Paris, jusqu’à la rue Fustel-de-Coulanges, afin de créer une pente plus douce. On élargit aussi la Grande Rue et l’on créa un égout.

Mais le vrai développement de Massy va débuter avec ce siècle et prendre son envol à très grande vitesse…

En 80 ans, Massy va passer du bourg rural à la ville la plus peuplée de l’Essonne. Au début de ce siècle, Massy compte en effet à peine plus de 1 200 habitants et vit encore à l’époque paysanne. Le village se. compose de bâtiments de ferme, de commerces, de grandes maisons bourgeoises qui entourent la place de l’église et s’étagent le long des rues pavées.

La première étape de ce boum démographique nous conduit en 1931. Massy compte alors 4 589 habitants. Il faut faire face. On construit des équipements : l’école de Villaine (Groupe Louis-Moreau) en 1932, celle de Massy-Centre (Groupe Gambetta) en 1937.

La deuxième guerre mondiale vient stopper cet élan. Massy souffre beaucoup des bombardements visant la gare de MassyPalaiseau. De nombreuses maisons sont détruites ainsi que l’église dont seul le clocher est curieusement épargné. Ce tragique coup de pouce du destin, et coup de pouce est un euphémisme, va substituer à Massy une vie urbaine à la vie champêtre. La reconstruction fait son æuvre. La date charnière se situe en 1958 avec les premiers bâtiments du Grand-Ensemble qui mettent définitivement un terme à la vie rurale et marque le début d’une seconde ère massicoise.

De 1958 à 1984, la population progresse encore, se multipliant même par six.A l’Est comme à l’Ouest, la ville s’est déployée, construisant des logements, des routes, des rues, des voies, des équipements collectifs, des espaces verts, développant ses moyens de communication, ses industries, ses commerces. Ce sont de grands ensembles immobiliers qui sont apparus sur le territoire de Massy. Le Grand-Ensemble est situé entre l’avenue Kennedy séparant les villes d’Antony et de Massy, la route d’Orléans et la route de Chartres, sur un vaste plateau dominant la vallée de la Bièvre au Nord. Il est desservi au Sud par la Nationale 20 et l’autoroute du Sud. Il s’étend également sur Antony et chevauche donc ainsi deux départements (Essonne et Hauts-de-Seine). Sa construction fut décidée par l’Etat le 17 avril 1956. Cette vaste opération d’urbanisme débuta en 1958 sur les champs de blé, d’orge et d’avoine au grand dam des cultivateurs massicois expropriés de leurs terres par l’Etat. Les conceptions de l’époque sont allées vers un urbanisme ouvert, séparant bien les immeubles d’habitations des services (administratifs, commerces, équipements culturels, sportifs, espaces verts). Le Quartier de Villaine s’inscrit lui dans un cercle délimité par la rue des Migneaux, la voie de la Vallée de la Bièvre, la Résidence des Terrasses et la rue de Versailles. L’ancien hameau rassemblé le long de la rue de Versailles a donné son nom à tout ce quartier neuf construit entre 1971 et 1982. La conception architecturale est radicalement différente de celle du Grand-Ensemble : les habitations sont mêlées lus étroitement aux commerces et services publics, la verdure étant présente au sein même du quartier.

Le Quartier des Champs-Ronds s’étend entre la Zone Industrielle et le næud ferroviaire que constitue, en gare de MassyPalaiseau, la jonction des lignes Grande Ceinture, R.E.R. B et R.E.R. C. IL regroupe quelque 430 logements à la frontière de Massy et de Palaiseau.

Le secteur de La Paix, situé au-delà de la route d’Orléans, est beaucoup plus proche de Wissous et d’Antony que du centre de Massy. Son isolement a pris fin avec la construction du pont de l’avenue SaintMarc et la construction de l’échangeur se trouvant à l’une des entrées du Parc Urbain. Cet ouvrage permet une liaison rapide avec le Grand-Ensemble. Cache derrière le Grand-Ensemble à l’angle de l’avenue Kennedy et de la route d’Orléans, ce qui fut probablement un hameau proche du village de Massy est aujourd’hui un petit quartier pavillonnaire où constructions récentes et anciennes se côtoient. C’est le Petit Massy.

Les Champarts est un quartier composé essentiellement de pavillons et porte le nom d’une ancienne ferme. On y accède par la route de Chilly-Mazarin. La Municipalité a dû se battre pour diminuer les nuisances occasionnées par les bruits et les odeurs d’avions survolant de près les Champarts. Au-delà de la voie S.N.C.F. se situe le quartier du Pileu. Il est à cheval sur les trois communes d’Igny, de Massy et de Palaiseau. Il est constitué de petites rues bordées de pavillons. Environ 140 logements occupent actuellement Le Pileu massicois, mais bientôt, une petite opération d’urbanisme (logements et services publics) donnera un peu plus de vie à ce quartier trop isolé.

Entre la rue des Migneaux et la rue d’Estiennes d’Orves, à la limite avec Verrières le Buisson, le quartier de la Poterne est essentiellement constitué des immeubles groupés autour des squares de la Bièvre et de la Poterne. Un petit centre d’activités tertiaires, à l’architecture originale, y a été récemment implanté en remplacement d’un parking désaffecté.

L’ancien petit bois des Graviers face au Parc de Vilgénis, remplacé ensuite par des vergers de pommiers et de cerisiers, est aujourd’hui une zone pavillonnaire proche de la gare de Massy-Palaiseau, côté S.N.C.F. On y trouve l’annexe de l’hôpital de Longjumeau. Depuis septembre 1981, un marché couvert du type pavillon Baltard a été édifié attenant à une salle de quartier à usage multiple. Ce petit complexe a été baptisé Roger-Jourdan en hommage à l’un de ses habitants mort au combat à la Libération de Paris le 25 août 1944.

On le voit, Massy a connu un développement rapide et conséquent.